Pour finir la semaine 187

Cette chanson écrite par Norman Whitfield et Barret Strong, était à l'origine une commande de la Motown. Quelques artistes ont enregistré ce morceau mais c'est Marvin Gaye qui l'a sublimé et qui a vendu le plus de vinyles. Il devient Numéro Un aux USA et en Angleterre lors de sa sortie en 1968. Cette chanson raconte qu'un homme aurait entendu une rumeur sur sa bien aimée qui l'aurait trahi avec un autre homme...

En 1966, Barret Strong a l'idée d'une chanson en marchant sur Michigan Avenue à Chicago où il entend l'expression "I Heard It Through The Grapevine", littéralement "Je l'ai entendu dans les vignes" mais que l on peut traduire par "Je l'ai appris par la rumeur" (ou bien par "Mon petit doigt m'a dit"). L'expression était utilisée par les esclaves noirs pendant la guerre de sécession qui avaient leur propre télégraphe : The Human Grapevine, la vigne humaine. Norman Whitfield ajoute des paroles pour achever la première d'une longue série de collaboration avec Strong.

Le 6 août 1966, Smokey Robinson & The Miracles sont les premiers a enregistrer la chanson. Berry Gordy, le patron de La Motown, s'oppose à la sortie de cette version qui ne paraîtra qu'en 1968. Le second enregistrement du titre est l'oeuvre de Marvin Gaye au printemps 67. Mais Gordy met de nouveau son veto et ce monument de sensualité soul ne sera publié que le 26 août 1968 sur l'album In The Groove lequel album sera ensuite re-titré I Heard It Through The Grapevine. C est ensuite Gladys Knight & The Pips qui enregistrent le titre en 1967 dans un arrangement plus rapide. Whitfield s'inspire du Respect d'Aretha Franklin pour cette version à laquelle il veut insuffler le son des studios Muscle Shoals. Cette fois Gordy laisse sortir le single en septembre 1967 qui atteint la deuxième place des Charts. Lorsque parait la version de Marvin Gaye, de nombreux DJs passent le titre en radio et Gordy n'a d'autre choix que de le sortir en single, lequel passe en tête des Charts en décembre 1968.

Pour revenir sur l'enregistrement de la chanson par Marvin Gaye, les choses ne s étaient pas dérouler sans accro au studio entre Marvin et Whitfield. Ce dernier lui a en effet demander de chanter plus haut qu'il en avait l'habitude. Pari payant lorsque l'on entend le résultat. 

 

Bonus du Dimanche :

1) La version sans doute la plus inattendue et sinistre de ce standard RnB : celle de Tuxedomoon. Introduction anormalement lente, accompagnement sombrement déstructuré, sons divers : une voix imitant une sonnerie de téléphone, des notes égrenées en pizzicato... Plus question de chant, le narrateur récite le texte, le joue sur le ton de la conversation téléphonique et c'est tout le tragique de la situation qui explose dans un crescendo où culmine sanglots, supplications et reproches voilés sur fond de cordes de violon grinçantes. Chaque mot prend tout son sens, singulièrement la répétition hypnotique de "Lose my mind". Restitution de l'abandon qui rend fou, ou quand la terre s'effondre sous vos pieds.

2) Plus confidentiel, par le groupe de rock progressif français Triangle.

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