Rebeka Warrior (feat. Fishbach) - A Forest

Les paroles sont très noires et teintées de magie. Robert Smith parle d'une forêt sombre dans laquelle il entend une voix de femme mystérieuse. Il se met à courir et réalise que tout se passe dans sa tête.

A Forest est un morceau froid, glacial presque, d'une lenteur qui saisit à la gorge, avec son intro inoubliable et géniale. Robert Smith, encore jeune, encore les cheveux courts, encore innocent en apparence, chante d'une voix aphone, soufflée et plaintive, sans pour autant qu'on puisse y distinguer la moindre émotion dans son timbre. Uniquement des litanies répétées sans fin utile, succession de paroles cryptiques sur l'angoisse, la peur du vide, la mort et l'obscurité.

Premier et dernier 45 tours du groupe dans lequel on retrouve le claviériste Matthieu Hartley qui co-signe d'ailleurs le morceau, A Forest  a permis à The Cure d'ouvrir la voie à une nouvelle génération de groupes cold-wave, post-punk et goth, et de poser les bases de trois de leurs plus grands albums, Seventeen Seconds, Faith et Pornography.

Coté anecdote : Cette chanson est à l'origine d'un incident célèbre. Nous sommes en 1981 au festival de Werchter. Robert Palmer et son équipe piaffent d'impatience afin de prendre place sur scène. Agacés par cet empressement qui manque cruellement de courtoisie, les nouveaux princes du post-punk se rebiffent et reboutent l'auteur de Johnny and Mary hors du cadre avec une version extra-longue de A forest et ponctuée in fine d'une exclamative insulte sortie de la bouche du bassiste Simon Gallup : "Fuck Robert Palmer, fuck rock'n'roll !".

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