Crazy Cover 76

Sorti en 1984, Somebody's Watching Me raconte l'histoire d'un gars totalement flippé, qui se sent observé lorsqu'il se retrouve seul chez lui. Accompagné d'une vidéo à la fois étrange, inquiétante et grotesque, c'est aussi et surtout un redoutable tube funky, avec ses notes de synthé irrésistibles et un refrain qui réveille les morts, chanté par un Michael Jackson qui ne sera pourtant jamais crédité.

De son vrai nom Kennedy William Gordy, Rockwell fait partie d'une illustre famille d'artistes : son père n'est autre que le boss de la Motown, Berry Gordy. En 1982, le jeune Kennedy débarque triomphant au manoir de son père avec une démo prometteuse. Berry Gordy jette une oreille distraite, fait la moue, et lui répond que le morceau n'est pas assez bon. Mais convaincu qu'il tient un vrai tube et que le vieux grigou n'y connait rien, Kennedy a une petite idée en tête.

Il décide alors de choisir un pseudo : Rockwell. Et puisqu'on lui ferme la porte au nez, il va tenter de rentrer par la fenêtre. C'est que Rockwell, sans doute influencé par la pluie de stars qui gravitent autour de ses parents, a toujours voulu devenir un artiste pop, au point, chaque soir, de prier Dieu de l'aider à décrocher un tube. Sa ténacité finira par payer, et ses prières seront exaucées. Bon c'est surtout grâce à Michael Jackson que les choses vont se débloquer. Michael, son aîné de six ans, a toujours été un ami de la famille, et une sorte de grand frère. Rockwell lui fait écouter la démo un peu transformée et maintenant intitulée Somebody's Watching Me, et Michael adore. Il débarque en studio avec son frère Jermaine (dont la femme n'est autre que... la sœur de Rockwell) pour enregistrer les chœurs du refrain. Si Michael aime autant ce titre aux paroles paranoïaques et à l'ambiance un peu angoissante, c'est qu'il vient alors de dévoiler le clip de Thriller, et Somebody's Watching Me est tout aussi sombre et dansant. On pourrait croire qu'il s'agit de la face B de Thriller.

Avec ce tube en poche, et après avoir extrait la voix de Michael pour la diffuser seule dans le refrain, Rockwell revient frapper à la porte de la Motown, et cette fois on l'accueille à bras ouvert : un featuring de Michael, en pleine Triller mania, ça ne se refuse pas. Pourtant, pour éviter que les prestigieux noms de Berry Gordy et Michael Jackson lui fassent de l'ombre, le titre sort sans faire mention du King of Pop, même si sa participation au projet est le secret le moins bien gardé de l'époque. Et pour qu'on ne fasse aucun lien avec ses relations familiales, et ainsi éviter qu'on le traite de "fils de", Rockwell ira même jusqu'à s'inventer un faux accent british, et déclarera en interviews qu'il vient de Portsmouth.

Mais quand Dymytry, groupe de la république tchèque, décide de "Métali-ser" Somebody's Watching Me... là ça devient un Crazy Cover.

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