Rare Earth : What'd i say

what d i say  What'd I say naît lors d'un concert donné en décembre 1958, en Pennsylvanie. Ray et son orchestre animent ce soir-là un dîner dansant. Son contrat lui impose de jouer quatre heures avec une interruption d'une demi-heure. Tout son répertoire y passe. Mais quand la dernière note est jouée, il reste encore douze minutes à tirer. Comment les occuper ? Rejouer un morceau ? Non. Ray décide d'improviser. Il a une petite idée en tête. Il fait signe aux Raelettes : "Écoutez-moi. Je vais m'amuser et vous n'avez qu'à me suivre."

Ray entame une série de riffs sur son piano électrique, puis se met à enchaîner des phrases comme elles viennent. "Hey Mama don't you treat me wrong/Come and love your daddy all night long/All right now/Hey hey/ All right..." C'est un mélange de gospel et de boogie-woogie. Les choristes se prennent au jeu, lui répondent. Un dialogue très, très chaud s'improvise. Au piano, Ray se secoue dans tous les sens. Il hurle, il feule, il est en nage. Les choristes sont en extase. Le public est contaminé par les effluves érotiques. Sur la piste, les couples dansent en se trémoussant comme jamais. Les musiciens s'époumonent dans leurs cuivres. Cris, gémissements, extases. À la fin du morceau, Ray est incroyablement surpris par le succès de son improvisation. Il est submergé par les participants à la soirée lui demandant où acheter le disque. La même folie se répète lors des soirées suivantes. Le musicien aveugle voit bien qu'il tient là un succès.

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